Le musée de l’immigration de Paris

di acinephilo

Le métro de Paris est un espace riche d’images publicitaires. Chaque image représente, selon l’académisme sémiotique, une instance d’énonciation.

Cette perspective conçoit l’image comme une totalité signifiante productrice de sens (ou, encore mieux, de signifié). Cependant ces sémiotiques devraient savoir qu’aux limites du sens se jouent les possibilités du regard. Au-delà de la sémiotique s’instaure un horizon “obtusus” que la verticalité de l’analyse voudrait absorber dans des organismes particuliers. A l’intérieur de ceux-ci la compétence académique coopère avec le pouvoir de l’Etat au bon fonctionnement répressif envers les écarts de la nature.

Ce qui transite du visible à l’invisible explore la possibilité du regard en tant qu’aveuglement potentiel. Rendre invisible ce qui fut, à travers la surexposition, est-elle la technique, la plus moderne, de la muséologie?

Qui donc devient aveugle en face de ces images?

Quelques-uns les observent en face, d’autres rêvent à coté. Auprès de ces derniers une autre question est révélée:

et si ces images étaient absurdes?

”Un français sur quatre est issu de l’immigration”

C’est la “sententia” des murs.

« Ton grand-père dans un musée »

Est l’énoncé des artistes militants, des historiens, des politiciens de la communication d’aujourd’hui. Et c’est évident que ces néo-identités subatomiques n’affirment pas une pensée nomade. Le passé, vaporisé dans le catalogue didactique, est aujourd’hui l’image lustrée du Présent muséologique.

Par ailleurs, en 1930, c’est-à-dire presque un siècle auparavant et tout juste un an avant la grande exposition coloniale de la Porte Dorée de Paris, quelqu’un avait déjà dévoilé une correspondance effrayante entre le musée et la figure humaine:

“Un musée est comme le poumon d’une grande ville : la foule afflue chaque dimanche dans le musée comme le sang et elle en ressort purifiée et fraîche”.

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